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L’ère chrétienne comprend dix-neuf siècles. Sur ces dix-neuf siècles, le Moyen Âge féodal et monarchique en comprend dix, plus de la moitié. Qu’a été et qu’a produit cette période de tout un millénaire ? La question est controversée parce que l’Église, instituée par Jésus-Christ pour évangéliser le monde, y a joué un grand rôle; et, par le temps de laïcisation qui court, la justice distributive n’existe guère pour elle. Les uns la bénissent, beaucoup la méconnaissent, quelques-uns même l’insultent. Qu’en faut-il penser ? A-t-elle, oui ou non, converti les barbares, adouci leurs mœurs, sauvé et fait revivre les lettres, les sciences et les arts, fondé le droit des gens, affranchi l’homme, relevé la femme ? Tout cela fut-il l’œuvre du Moyen Âge ?
Cinq siècles de falsifications
« On se croirait au Moyen Âge ! » Qui n’a jamais entendu, et sans doute prononcé lui-même ce poncif ? Asséné sans réflexion aucune, tant il est admis qu’avant la Renaissance et les Lumières la civilisation occidentale était dans les ténèbres, il illustre parfaitement cette légende noire que l’auteur déconstruit ici, méthodiquement, sujet après sujet, de la représentation artistique à la religion, de l’organisation sociale à celle de la formation, écoles, apprentissages, universités : « Pour qu’il y ait Lumières, il avait fallu qu’il y ait eu obscurité ; pour que le changement apparaisse comme nécessaire, il avait fallu condamner les abus et les anciennes pratiques.
Napoléon Ier, qui méprisait tous nos historiens, disait que l’histoire de France peut se concentrer sommairement en un volume, mais que suffisamment exposée elle doit en occuper cent. — Il y a en effet peu de contrées qui aient produit et conservé, autant que le sol des Gaules, leurs chroniques, leurs documents, leurs traditions, leurs légendes et leurs souvenirs.
À la vérité, jusqu’au douzième siècle, il nous faut les chercher dans les travaux des religieux, dans les légendes des saints ; et, malheureusement, la plupart des lecteurs n’acceptent l’histoire que lorsqu’elle ressemble à un procès-verbal desséché.
Enorme succès de librairie lors de sa parution en Espagne en 2003, cet ouvrage conclut à la responsabilité écrasante de la gauche révolutionnaire dans le déclenchement de la guerre civile espagnole. Selon les documents exceptionnels rassemblés par Pio Moa, l'origine du conflit n'est pas, en effet, le coup d’état raté de juillet 1936 contre la Seconde République espagnole mais bien la « menace rouge » que représentaient pour la démocratie les factions d'extrême gauche qui préparaient un soulèvement de type communiste sur le modèle de la révolution asturienne de 1934.
Il y a deux manières de s’intéresser à l’actualité. La première consiste à y trouver matière à bavardages et considérations superficielles. L’homme moderne, disait Hegel, lit les journaux comme celui d’autrefois faisait sa prière du matin. Il sait, ou plutôt il se doute bien, que les journalistes sont pour la plupart des esprits pressés, qui n’ont que des connaissances de surface et sont de surcroît éminemment sensibles à ce qu’il convient de dire ou de ne pas dire. Mais finalement, c’est comme une drogue : « Qu’est-ce qui s’est passé aujourd’hui ? » Sentiment que, si l’on n’est pas au courant, on n’est plus rien.
L’autre manière cherche à scruter l’actualité pour y rechercher des points de repère et des signes annonciateurs. Un homme politique fait une déclaration.
Rares sont les hommes qui ont provoqué en leur temps et provoquent encore, plus de deux cents ans après leur mort, autant de passions que Napoléon Bonaparte. Tout a été dit et écrit sur lui : le meilleur comme le pire, la pure vérité comme l’invraisemblable.
Bonaparte a inventé son histoire et a voulu forger celle de la France par l’addition de destins personnels exceptionnels, suscités et fidélisés. Son rêve de reconstituer un grand Empire français d’Occident, fondé sur les valeurs de la Révolution, s’est heurté à toute les monarchies européennes dans une succession de guerres qui vont durer les 10 ans de son règne. L’équipée russe puis la désastreuse campagne de France le conduisent à l’île d’Elbe.
Bertrand Du Guesclin, Connétable de France c'est-à-dire commandant en chef des armées du roi Charles V, reste l'une des figures les plus populaires de notre pays. Fils d'un chevalier breton, il servit d'abord le duc de Bretagne, Charles de Blois, contre son rival, soutenu par les Anglais, puis il passa au service du roi de France,
Charles V, qui lui donna vite toute sa confiance. En Bretagne, puis en Espagne, dans toutes les régions de France, il combattit les Anglais et réussit à les chasser presque entièrement du royaume. Bien qu'il ne fut qu'un petit seigneur breton, Charle V en fit son Connétable, le préférant aux plus grands seigneurs, qui ambitionnaient cette haute fonction. Bertrand Du Guesclin, un demi siècle auparavant, annonce déjà Jeanne d'Arc.